Sirènes des ambulances, quels types existent et que signifient-ils ?
Les sirènes des ambulances annoncent souvent leur arrivée avant même que le véhicule ne soit visible. Le reflet des feux bleus dans la circulation peut également signaler leur approche.
Ces signaux attirent immédiatement l’attention, permettent d’identifier le véhicule de secours et incitent les automobilistes à lui dégager le passage. Leur utilisation soulève toutefois de nombreuses interrogations. Pourquoi certaines ambulances circulent-elles avec leur sirène et leurs feux à éclats activés, tandis que d’autres n’utilisent que leurs avertisseurs lumineux ? Cela signifie-t-il systématiquement qu’un patient à bord est en danger de mort ? À quelles règles de circulation le conducteur peut-il déroger ?
Pour répondre à ces questions, il convient de distinguer le degré d’urgence médicale de la mission des conséquences juridiques prévues par le Code de la route italien.
Sirène, feux bleus ou les deux : quelle différence ?
Aujourd’hui, les ambulances sont généralement équipées de sirènes électroniques, reliées à un ou plusieurs haut-parleurs. Elles disposent également de dispositifs lumineux à LED, installés à différents endroits du véhicule afin d’en garantir la visibilité dans toutes les directions.
Les sirènes des ambulances peuvent émettre différents types de signaux sonores. Parmi les plus connus figure le signal bitonal, qui alterne deux tonalités. Le wail se caractérise par une modulation lente et progressive. Le yelp présente quant à lui des variations de fréquence plus rapides.
Ces appellations décrivent les caractéristiques techniques des signaux, mais ne correspondent pas à différents niveaux de gravité définis par la législation italienne.
Que signifient les feux bleus ?
De même, l’utilisation des seuls feux bleus ne signifie pas nécessairement que l’état du patient est moins grave. Il n’existe en effet aucune correspondance établie à l’échelle nationale selon laquelle « feux à éclats seuls = degré d’urgence moindre » ou « sirène activée = patient en danger de mort ».

Ces dispositifs renseignent sur les modalités d’exécution de la mission, et non sur le niveau de gravité clinique attribué au patient. L’ambulance peut d’ailleurs être encore en route vers le lieu de l’intervention, sans transporter de patient.
Lorsque les sirènes des ambulances et les feux bleus sont utilisés simultanément, ils signalent aux autres usagers de la route la nécessité de dégager le passage. Leur activation conjointe constitue également la condition prévue par l’article 177 du Code de la route italien pour permettre au conducteur de déroger aux règles ordinaires de circulation.
L’utilisation des seuls feux bleus ne correspond pas à une catégorie intermédiaire d’urgence. Elle sert principalement à renforcer la visibilité du véhicule, notamment lorsqu’il est immobilisé sur les lieux d’une intervention. Elle ne confère toutefois au conducteur aucune dérogation aux règles habituelles de circulation. À eux seuls, ces feux ne l’autorisent donc pas à dépasser les limitations de vitesse, à enfreindre les interdictions ou à franchir un feu rouge. Pour le conducteur de l’ambulance, les dérogations ne s’appliquent que lorsque les deux dispositifs sont utilisés conjointement (sirène et feux bleus). Pour les autres automobilistes, en revanche, l’obligation de dégager le passage prend effet dès que la sirène est entendue.
Dans quelles circonstances peuvent-ils être utilisés ?
L’article 177 du Code de la route italien autorise les ambulances à utiliser leur sirène et leurs feux à éclats dans le cadre de « missions de service urgentes ».
Le simple fait qu’un véhicule soit une ambulance ne suffit donc pas. Un transfert programmé, un retour à la base ou un transport ne présentant aucun caractère d’urgence n’autorisent pas automatiquement l’activation de ces dispositifs.
Le Code de la route ne définit pas les situations cliniques qui confèrent à une mission son caractère urgent. Cette appréciation relève de l’organisation du service de secours médical, des protocoles du centre de régulation et de l’état du patient constaté par l’équipage.
Le niveau de priorité attribué à l’appel et les modalités de conduite sont donc liés, sans pour autant coïncider systématiquement.
Lorsque la sirène et les feux bleus sont activés simultanément dans le cadre d’une mission urgente, le conducteur peut déroger à certaines règles de circulation. Ces dérogations concernent les obligations, interdictions, restrictions, règles de signalisation et autres dispositions régissant le comportement des usagers de la route. Il peut ainsi, lorsque les circonstances l’exigent, dépasser une limitation de vitesse, franchir une intersection malgré un feu rouge ou emprunter une voie normalement interdite à la circulation.
Les limites des dérogations
Cela ne signifie toutefois pas qu’il puisse circuler sans prendre de précautions. Le même article impose le respect des instructions données par les agents chargés de la circulation ainsi que des règles élémentaires de prudence et de diligence.
Avant de franchir une intersection au feu rouge, par exemple, le conducteur doit s’assurer que les autres usagers ont perçu l’arrivée de l’ambulance et commencé à s’arrêter. La sirène et les feux à éclats signalent une demande de priorité, mais ne garantissent pas que celle-ci sera effectivement accordée.
La perception de l’approche du véhicule peut être retardée par une bonne insonorisation des habitacles, une musique diffusée à volume élevé, une circulation dense, des bâtiments qui réfléchissent les ondes sonores ou d’autres véhicules masquant les feux bleus.
L’ambulance ne bénéficie donc pas d’une priorité absolue. Son conducteur peut déroger aux règles lorsque la mission le nécessite, mais il doit continuer à anticiper le comportement des autres usagers et à évaluer les conditions de sécurité de chaque manœuvre.
L’étude “The effectiveness of lights and siren use during ambulance transport by paramedics”, menée sur 75 transports sanitaires aux États-Unis, a mis en évidence un gain de temps moyen de 3 minutes et 50 secondes grâce à l’utilisation des avertisseurs lumineux et sonores. Selon les auteurs, dans quatre cas, ce gain de temps s’est traduit par un bénéfice clinique identifiable pour le patient.

Comment les autres automobilistes doivent-ils réagir ?
Lorsqu’ils entendent une sirène, les usagers de la route doivent dégager le passage et, si nécessaire, s’arrêter. Cette obligation concerne également les conducteurs circulant sur une voie adjacente et se trouvant à proximité de son débouché sur l’itinéraire emprunté par l’ambulance.
La réaction ne doit toutefois pas être précipitée. Pour faciliter efficacement la progression du véhicule de secours, il convient de :
- chercher à déterminer la direction d’où provient la sirène, en surveillant attentivement les rétroviseurs et les intersections ;
- ralentir progressivement, sans freiner brusquement ;
- signaler suffisamment tôt tout changement de trajectoire à l’aide des clignotants ;
- se rapprocher du bord de la chaussée et s’arrêter, si nécessaire, en laissant un espace suffisant pour permettre le passage de l’ambulance ;
- éviter tout changement de voie soudain, notamment lorsque l’itinéraire que suivra l’ambulance n’est pas encore clairement identifiable.
Lorsque la circulation est immobilisée devant un feu rouge, l’arrivée d’un véhicule de secours n’autorise pas automatiquement les automobilistes à franchir l’intersection ou à dépasser la ligne d’arrêt. Les dérogations prévues par l’article 177 s’appliquent à l’ambulance, et non aux autres véhicules.
Il convient de libérer autant d’espace que possible, sans effectuer de manœuvres dangereuses. Les automobilistes ne doivent ni monter sur le trottoir ni empiéter brusquement sur la voie de circulation opposée. Ils doivent également éviter de s’immobiliser à un endroit qui réduirait davantage la largeur de la chaussée disponible.
À l’approche d’un virage, d’un carrefour giratoire ou d’une intersection, il peut être plus prudent de ralentir et de dégager la zone plutôt que de s’arrêter immédiatement à un endroit inadapté.
La loi interdit également de suivre de trop près une ambulance pour profiter du passage qu’elle s’est frayé dans la circulation. Un tel comportement risque de surprendre les automobilistes qui redémarrent après le passage du véhicule de secours et de provoquer un nouvel accident.

Quelles différences observe-t-on dans le reste du monde ?
Les règles ne sont pas identiques d’un pays à l’autre. Dans certains cas, la signification attribuée à l’utilisation des seuls feux bleus varie également.
En Allemagne, le dispositif est comparable à celui de l’Italie. Les feux bleus et l’avertisseur sonore sont utilisés conjointement dans les situations d’extrême urgence, notamment lorsqu’il s’agit de sauver une vie ou de prévenir de graves atteintes à la santé. Dans ces circonstances, les autres usagers sont tenus de dégager immédiatement la chaussée. En revanche, les feux bleus utilisés seuls peuvent servir à signaler un lieu d’intervention, à escorter d’autres véhicules ou à rendre visible un véhicule engagé dans une mission. Ils ne créent toutefois pas la même obligation de céder le passage.
En France, la principale distinction tient à la catégorie à laquelle appartient l’ambulance. Les véhicules des unités mobiles hospitalières intervenant dans le cadre du SAMU ou du SMUR sont considérés comme des véhicules d’intérêt général prioritaires. Les ambulances classiques assurant des transports sanitaires bénéficient, quant à elles, de facilités de passage plus limitées. Toutes les ambulances ne disposent donc pas des mêmes prérogatives : celles-ci dépendent du type de mission qu’elles accomplissent.
Au Royaume-Uni et aux États-Unis
Au Royaume-Uni, les ambulances peuvent signaler leur approche à l’aide de feux bleus, de sirènes et, dans certains cas, d’appels de phares. Le Code de la route britannique demande aux automobilistes d’observer leur trajectoire et de faciliter leur passage. Là encore, les autres usagers doivent néanmoins continuer à respecter les feux de circulation et la signalisation routière. Ils ne doivent ni monter sur le trottoir, ni freiner brusquement, ni effectuer de manœuvres susceptibles de mettre en danger les piétons ou les autres véhicules.

Aux États-Unis, il n’existe pas de configuration unique applicable à l’ensemble du territoire. Les services médicaux d’urgence (Emergency Medical Services, EMS) et une grande partie des règles relatives à l’utilisation des sirènes des ambulances et des avertisseurs lumineux sont organisés à l’échelle des États ou des collectivités locales. Les couleurs varient également. Dans certains États, les ambulances utilisent principalement des feux rouges ; dans d’autres, des combinaisons de rouge, de bleu et de blanc sont autorisées. Certaines couleurs peuvent par ailleurs être réservées aux véhicules de secouristes bénévoles ou à des catégories particulières de personnel de secours.
Des signaux facilement reconnaissables, mais pas infaillibles
La sirène et les feux à éclats constituent le langage par lequel une ambulance signale la nécessité de progresser rapidement dans la circulation. Ils ne permettent toutefois pas de connaître la pathologie dont souffre le patient, de déterminer si une personne se trouve déjà à bord ou de savoir quel niveau de priorité a été attribué par le centre de régulation. Leur efficacité dépend de la technologie employée et de la qualité de leur installation, mais aussi du comportement du conducteur du véhicule de secours et de l’ensemble des autres usagers de la route.
Savoir reconnaître ces signaux et adopter les bons réflexes permet d’éviter de perdre de précieuses secondes, sans faire courir de risques supplémentaires dans une situation qui relève déjà de l’urgence.


