Comment devient-on ambulancier en France ?

Partir sirènes allumées vers une urgence, gérer la circulation, garder son sang-froid tandis qu’une personne sur le brancard peine à respirer. Le métier d’ambulancier est tout sauf « simplement conduire ». C’est une profession qui combine compétences techniques, maîtrise de soi et une forte dose d’empathie. Mais quelles sont les figures habilitées à conduire une ambulance ? Quels sont les prérequis et quel parcours de formation est aujourd’hui prévu en France ?

Que fait un ambulancier en France

Une ambulance française ne peut circuler sans personnel qualifié à bord. La personne au volant fait toujours partie intégrante de l’équipe de transport. Ses missions sont multiples : assurer la sécurité du véhicule, participer à la mobilisation du patient, le surveiller pendant le trajet, vérifier le matériel sanitaire et communiquer avec la régulation médicale. En cas de transport urgent, elle doit pouvoir intervenir rapidement, tout en respectant les procédures en vigueur.
Ce système repose sur deux figures principales : l’Ambulancier Diplômé d’État (DEA) et l’Auxiliaire ambulancier.

Ambulancier Diplômé d’État (DEA)

C’est la figure professionnelle complète et strictement réglementée. Il est responsable de la prise en charge globale du patient pendant le transport : surveillance, hygiène, immobilisation, communication avec le personnel soignant et gestion du matériel.
Dans la plupart des cas, il est également l’ambulancier au volant et assure la conduite en conditions sanitaires ou d’urgence lorsque cela est requis.

Auxiliaire ambulancier

C’est la figure d’appui du DEA. Sa formation est plus courte et ses responsabilités cliniques plus limitées, mais il peut conduire l’ambulance et participer à l’ensemble des étapes du transport.
L’auxiliaire est très sollicité comme second ambulancier lors des gardes, rôle essentiel dans les services privés où les ambulances fonctionnent fréquemment en binôme.
Il ne peut toutefois pas remplacer le DEA lorsque des compétences cliniques plus avancées sont nécessaires.

Pourquoi cette distinction entre DEA et auxiliaire ?

La différence entre DEA et auxiliaire répond à des besoins organisationnels, réglementaires et économiques.
Le secteur du transport sanitaire en France est immense et ne couvre pas seulement les urgences : des milliers de transferts programmés ont lieu chaque jour. Il est donc indispensable de disposer d’un nombre suffisant d’opérateurs formés, tout en garantissant un haut niveau de compétences pour les transports les plus sensibles.
Le DEA est le professionnel de santé à part entière, tandis que l’auxiliaire est la figure de soutien qui permet d’assurer un grand nombre de services, notamment ceux programmés et destinés à des patients stables, contribuant ainsi à la flexibilité opérationnelle des entreprises.

Conditions pour devenir DEA ou auxiliaire

Pour accéder à la profession, il faut être titulaire du permis de conduire français de catégorie B depuis au moins trois ans (ou deux ans pour l’auxiliaire) et réussir une visite médicale spécifique attestant de l’aptitude à la conduite sanitaire et à la mobilisation des patients.
S’ajoutent les vaccinations obligatoires et un certificat médical excluant toute contre-indication physique.
Un élément central est la certification AFGSU 2, obligatoire pour toute personne travaillant dans le secteur sanitaire. Il s’agit d’une formation française attestant la capacité à intervenir en situation d’urgence, à assister un patient en arrêt cardiorespiratoire, à utiliser des dispositifs de premiers secours avancés et à collaborer avec le personnel médical.
Pour accéder à la formation DEA, aucun diplôme scolaire particulier n’est exigé, mais il faut réussir une sélection fondée sur le dossier individuel et un entretien de motivation.

Formation et parcours pour y parvenir

Dans le cas de l’Ambulancier Diplômé d’État, la formation est réglementée au niveau national et dure 801 heures.
La première partie, 556 heures, se déroule dans les instituts de formation d’ambulanciers et comprend l’anatomie, la physiologie, les techniques d’immobilisation, l’hygiène, la gestion du risque infectieux, la communication avec le patient et l’équipe, ainsi qu’un module dédié à la conduite en conditions sanitaires.
La seconde partie correspond à 245 heures de stage, soit sept semaines passées dans des hôpitaux, services d’urgence et entreprises de transport sanitaire.
Le parcours pour devenir auxiliaire ambulancier est plus court : 70 heures mêlant théorie et pratique, centrées sur l’hygiène, la manipulation, la sécurité à bord et le soutien au DEA. Là aussi, la certification AFGSU 2 est obligatoire.

Où travaille-t-on ?

Une fois diplômé, le DEA peut exercer dans les entreprises privées de transport sanitaire, les hôpitaux publics et certains services SMUR qui disposent de personnel dédié au transport et à la mobilisation des patients.
L’auxiliaire est très présent dans le secteur privé, où il assiste le DEA en tant que second membre d’équipage.

En somme, devenir ambulancier en France est un parcours exigeant, qui demande du temps, de l’engagement et une solide résistance émotionnelle, mais qui permet d’œuvrer en première ligne du système d’urgence sanitaire, en contribuant de manière concrète à la sécurité et à la santé des personnes.