Comment devenir secouriste en France : rôles et formation

secouriste

En France, la première intervention en cas d’urgence sanitaire est souvent assurée par des professionnels hautement qualifiés qui opèrent aussi bien comme bénévoles que comme salariés. Le secouriste fait partie intégrante de ce dispositif et peut intervenir dans différents contextes. De la protection civile aux interventions en ambulance, jusqu’au soutien des services médicaux d’urgence (SAMU et SMUR).

Un modèle mixte

La France adopte un modèle mixte. D’une part, il existe des services de secours gérés par des organismes tels que les Sapeurs-Pompiers, la Croix-Rouge française ou la Protection Civile. D’autre part, le système hospitalier intervient par l’intermédiaire des structures du SAMU (Service d’Aide Médicale Urgente), dotées de moyens médicalisés et d’équipes de professionnels de santé.

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Une particularité du modèle français réside dans la forte médicalisation du secours. Les unités SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) interviennent avec une équipe composée d’un médecin, d’un infirmier et d’un conducteur/ambulancier, capable d’administrer des soins avancés directement sur les lieux de l’incident. Cela implique que de nombreuses décisions cliniques sont prises dès la phase préhospitalière.

Voyons quels sont les principaux acteurs, les parcours de formation et les compétences requises pour travailler dans l’urgence sanitaire en France.

Les principales figures

Dans le cadre préhospitalier français, on distingue principalement trois niveaux :

  • Secouriste : bénévole ou professionnel disposant d’une formation de base (PSC1 ou PSE1). Il est capable d’intervenir lors des premières phases de l’urgence et de collaborer avec des équipes plus expérimentées.
  • Équipier secouriste : intervenant plus expérimenté, titulaire de l’attestation PSE2, habilité à travailler en équipe, utiliser du matériel et gérer des situations plus complexes.
  • Auxiliaire ambulancier / Ambulancier diplômé d’État : professionnels du transport sanitaire. L’ambulancier diplômé d’État (DEA) a suivi une formation professionnelle d’État et peut intervenir à bord des véhicules du SAMU.
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À ces acteurs s’ajoutent les professionnels de santé d’urgence : les infirmiers spécialisés en urgence (IDE SMUR) et les médecins du SAMU. Ils interviennent directement sur place au moyen de véhicules médicalisés.

Le cours PSE1 : la première étape du parcours de formation

Le point de départ pour devenir secouriste est la formation PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1), un cours de base d’environ 7 heures qui enseigne les gestes de premiers secours. Ceux qui souhaitent intervenir en équipe poursuivent avec les formations PSE1 et PSE2 (Premiers Secours en Équipe), d’une durée respective de 35 et 28 heures, comprenant des simulations pratiques et un examen final.

Comme le précise l’Union Départementale Premiers Secours, la formation PSE1 constitue la première étape pour devenir secouriste. Elle permet de comprendre l’organisation des systèmes d’urgence, de maîtriser les comportements à adopter face à une victime en difficulté, d’assurer la protection immédiate de la victime contre les dangers environnants susceptibles d’aggraver la situation, d’effectuer une évaluation médicale et de la transmettre aux services d’urgence, garantissant ainsi la première ligne de secours, de prodiguer les premiers soins à la victime et d’assister les équipes de secours lors de l’immobilisation, du transport sur brancard et du relevage de la victime.

Gestion des situations complexes : la formation PSE2

Accessible à toute personne titulaire du PSE1, la formation PSE2 permet de devenir membre à part entière d’une équipe de premiers secours. En plus des compétences acquises en PSE1, elle approfondit la gestion de situations d’urgence plus spécifiques, telles que :

  • L’assistance à une victime de lésions circonstancielles (électrocution, accident subaquatique, écrasement d’un membre, gelures, effets d’une explosion, morsures ou piqûres)
  • Le soutien aux victimes en détresse psychologique ou présentant des comportements inhabituels
  • La prise en charge de victimes atteintes de pathologies spécifiques (AVC, crise convulsive généralisée, crise d’asthme, hypoglycémie chez un diabétique, choc anaphylactique)
  • L’immobilisation en cas de traumatisme osseux, en effectuant correctement les manœuvres de relevage, le positionnement sur le brancard et le transport en toute sécurité
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Pour devenir ambulancier diplômé d’État (DEA), il faut en revanche réussir un concours d’admission, suivre une formation de 630 heures (13 semaines) dans des instituts agréés, comprenant des périodes de stage à l’hôpital et en ambulance, et réussir un examen final.

Compétences et responsabilités

À l’issue de la formation, le secouriste est capable d’évaluer rapidement l’état du patient, de réaliser des gestes de survie (comme le massage cardiaque et la gestion des voies aériennes), d’utiliser les défibrillateurs semi-automatiques (DAE) et de collaborer avec les médecins et infirmiers sur place.

L’équipier secouriste et l’ambulancier DEA possèdent des compétences supplémentaires : l’immobilisation des patients, la surveillance des paramètres vitaux, la communication avec la centrale de régulation, la traçabilité de l’intervention et la gestion des situations traumatiques complexes.

Conclusion

Devenir secouriste en France, c’est intégrer un système coordonné où les compétences techniques, la mise à jour constante des connaissances et la collaboration entre les différents acteurs sont essentielles. Outre la préparation théorique et pratique, une forte aptitude au travail en équipe et une motivation profonde pour l’aide aux personnes en détresse sont requises. La formation ne s’arrête pas au diplôme. Chaque année, les secouristes doivent actualiser leurs compétences afin de garantir un haut niveau de qualité des soins dans toutes les situations.

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